JDD 2015 Questions Réponses Insertion Professionnelle

Samedi 10 octobre 2015 9ème journée des Dys

Les réponses aux questions  du public autour de

L’Insertion professionnelle

des personnes avec trouble dys

Rédaction : Aude Brouchet

  1. A quoi sert une RQTH ?

La RQTH est l’abréviation de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé. Elle est provisoire (d’une date précise à une date précise comprise entre 2 et 10 ans généralement), et elle est délivrée par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapés). La RQTH est strictement personnelle et confidentielle, elle est à la discrétion du bénéficiaire qui est libre de s’en servir ou pas.

Si vous pensez pouvoir y avoir droit, n’hésitez pas à vous renseigner auprès de la MDPH de votre département d’habitation pour faire les démarches de dépôt de dossier de demande.

Depuis 2005, elle permet de demander des compensations pour aménager vos postes de travail ou demander des aménagements pédagogiques pour vos formations.

Elle vous permet aussi, ainsi qu’à votre employeur de recevoir des aides financières de l’AGEFIPH (secteur privé) ou du FIPHFP (secteur public).

Un conseil : c’est un sésame pour bénéficier de droits à la compensation des conséquences du handicap. Cela peut vous éviter la double peine !

http://www.bas-rhin.fr/solidarites/adultes-et-enfants-handicapes/informations-generales/faire-valoir-vos-droits-personne-en-situation-handicap

http://sameth68-67.com/fr/136062019125683-formulaire-rqth-.html

  1. Faut-il faire des bilans médicaux pour être reconnu travailleur handicapé et bénéficier d’aides à l’insertion ?

Oui, pour compléter la demande de RQTH il faut un avis médical du médecin traitant ou d’un médecin spécialiste. Ce certificat doit être accompagné de toutes les pièces démontrant qu’une compensation est nécessaire pour l’autonomie dans votre poste : un bilan orthophonique, un bilan psychomoteur ou ergothérapeutique, test psychologique (WAIS), etc…

Dans le monde professionnel, l’avis du Médecin du travail, connaissant le contexte de travail, peut être plus efficace dans l’octroi de la RQTH (et est de plus en plus souvent demandé).

Le formulaire pour instruire le dossier de demande de RQTH peut se télécharger sur le site de la MDPH ou du conseil départemental.

Un conseil : l’instruction du dossier peut prendre de 4 à 6 mois, il faut anticiper la demande.

  1. Si je veux entrer en apprentissage et que je suis dys, de quelles aides puis je bénéficier ?

Dans chaque CFA il y a un référent handicap qui est la personne à qu’il il faut s’adresser au plus tôt (si non le responsable pédagogique).

Il mettra en place avec un service spécialisé les compensations nécessaires tout au long du parcours d’apprentissage au CFA (soutien dans certaines matières, aménagement des conditions d’études et d’examens…). Il travaillera en coordination avec l’employeur pour proposer des compensations sur poste de travail (par exemple, logiciel sur l’ordinateur, aide à l’écrit par dictée vocale, ou aides mémoires sur poste de travail, gabarit, photos etc…)

Mais pour bénéficier de ces aides, une RQTH est nécessaire (loi du 11 février 2005).

http://www.bas-rhin.fr/solidarites/adultes-et-enfants-handicapes/insertion-professionnelle-travailleurs-handicapes

Un conseil : vous pouvez demander des informations auprès des associations de parents : apprentissagedysalsace@gmail.com

  1. Je demande une aide à la formation… Dois-je m’adresser à Pôle emploi, à Cap emploi, à la Région, à l’AGEFIPH, à la Mission Locale ?

Ces organismes et institutions peuvent vous accompagner et proposer des aides :

Pôle Emploi : http://www.pole-emploi.fr/accueil/

Cap Emploi : http://capemploi68-67.com/fr/136316839723773-accueil-departements-68-et-67-.html

Région Alsace : http://www.region.alsace/article/information-orientation-2014

L’AGEFIPH est l’organisme qui collecte et redistribue les aides à l’insertion du handicap en entreprise pour le secteur privé https://www.agefiph.fr/A-propos-de-l-Agefiph/L-Agefiph-dans-votre-region/Alsace-et-Lorraine

Si vous avez moins de 26 ans, vous pouvez vous adresser à la Mission Locale de votre secteur (dit Manuela Anthony) qui connait les dispositifs spécifiques pour les jeunes (par exemple les Emplois d’Avenir, réservés aux personnes sans qualification, http://www.urmlalsace.org)

  1. Je cherche une aide à l’orientation professionnelle, à qui dois-je m’adresser ?

Si vous avez moins de 26 ans, la Mission Locale vous aider dans le travail d’orientation vers une formation professionnelle, elle peut proposer des conventions de stages en entreprise et faire un suivi.

Elle veillera également à la prise en compte du handicap afin qu’il ne soit pas discriminant. La question de santé est intégrée dans le projet. La Mission Locale travaille avec le réseau des médecins du travail.

Vous pouvez aussi :

  • aller rencontrer le CIO,

  • avoir de l’information pour l’orientation et passer les tests à l’Orientoscope de Mulhouse http://www.orientoscope.fr

  • participer aux actions d’orientation de la Chambre des métiers (CMA),

  • participer aux portes ouvertes des centres de formation,

  • Faire des stages de découvertes (chambres consulaires : CMA, CCI, Chambre d’agriculture)

Un conseil : Si vous avez des questions sur l’orientation, allez aux portes ouvertes des lieux de formation ! Vous rencontrerez les responsables, les élèves, aurez une idée de l’ambiance et pourrez poser les questions, murir votre projet et préparer votre rentrée.

Madame Parrend directrice pédagogique du CEFFPA rappelle que : « l’orientation est un vrai travail (pour écrire un cv, une lettre, faire des recherches, passer les entretiens). Il existe des conventions entre l’école et l’entreprise, entre la Chambre des métiers ou la Chambre de commerce et d’industrie et les entreprises et entre collèges et lycées pro pour valider un désir de formation. Il y a aussi parfois des moments spécifiques et des places réservées pour des élèves en situation de handicap. »

Enfin il y a une priorité au niveau national pour la lutte contre le décrochage scolaire (MLDS – Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire) et il existe des coordonateurs, entre lycée, CIO, Mission Locale… qu’on peut aussi mobiliser. (Manuela Anthony)

Un conseil : Pour les dys qui ont toujours quelques difficultés à vivre les changements, cela vaut la peine d’anticiper !

  1. Je suis employeur et je prends un apprenti dys ? Je découvre ses difficultés : à qui dois-je m’adresser ? Peut-on mettre en place des compensations ?

S’il ne vous a rien dit, parlez en tout d’abord au CFA, ou il y a normalement un référent handicap, si non au responsable pédagogique. Ce dernier actionnera ensuite les interlocuteurs de soutien pour les troubles dys.

Pour le référent deux cas de figure :

  • le jeune a déjà une RQTH, dans ce cas les aides peuvent tout de suite être mises en place,

  • le jeune n’a pas de RQTH dans ce cas il faut faire une demande. Si les bilans sont là, il est important pour le jeune d’aller très vite déposer son dossier à la MDPH. Le fait qu’il soit en emploi active les choses, mais il n’y a pas de temps à perdre afin que le jeune ne dégringole pas.

Il ne faut pas hésiter à demander une priorité de traitement de dossier car le risque de rupture est fort si les compensations ne sont pas tout de suite mises en place (en particulier soutien par des enseignants et prise en charge de rééducation orthophonique).

Si un rendez-vous urgent avec une orthophoniste est nécessaire, adressez-vous aux associations qui sauront vous orienter vers plusieurs thérapeutes et appuyer votre demande urgente.

Il existe aussi des personnes ressources en Alsace comme par exemple l’IDS (Institut pour Déficients sensoriels) «  le Phare » à ILLZACH qui a un SESSAD (Service d’Education Spécialisée et de Soins A Domicile) Spécialisé « TSLOE » (Troubles Spécifiques du Langage Oral et Ecrit). http://www.ids-lephare.com

Un conseil : Les associations de parents, dans la mesure de leurs disponibilités, peuvent vous aider à sensibiliser votre équipe et vous conseiller pour les outils et les compensations simples à mettre en place. Ils sont une médiation utile. Informations auprès des associations de parents : apprentissagedysalsace@gmail.com

  1. Je suis jeune dys et en recherche d’emploi, où dois-je aller ? Que peut faire une mission locale ?

Il est très important de vous faire aider.

Les Missions Locales, si vous avez entre 16 et 25 ans, ont une mission de service public pour vous permettre l’insertion professionnelle : vous rencontrer, réfléchir à votre projet professionnel, mobiliser des aides selon votre besoin et situation.

Si nécessaire, elles peuvent vous aider à monter un dossier pour une demande de RQTH, qui vous permettra ensuite de bénéficier d’aides à l’emploi et de compensations soit dans la formation, soit dans l’emploi.

Cap Emploi peut aussi accompagner une personne, même sans projet professionnel. Il existe des bilans de compétence spécifiques, qui prennent en compte l’aspiration de la personne, le contexte économique et la situation de handicap. Ils peuvent accompagner pour le CV, la lettre de motivation, la mise en contact, la période d’immersion. Les seules conditions requises pour être accompagné par CAP EMPLOI (sous réserve de places disponibles) sont : être orienté par le Pôle Emploi ET être déjà bénéficiaire d’une RQTH !

Un conseil : beaucoup d’entreprises « Handi-accueillantes » cherchent à recruter ou à former des personnes en situation de handicap (par exemple dans les SSII (informatique)). Elles sont là pour encourager les jeunes à développer leurs compétences et à y croire !

  1. J’ai un trouble dys, je cherche un stage et j’ai du mal, vers quelles entreprises puis je me tourner ? Y en a-t-il qui sont un peu sensibilisées ?

Il est sûr qu’il vaut mieux commencer par les entreprises dont les valeurs ou la culture d’entreprise portent une attention particulière à la diversité. C’est le cas de certaines grosses entreprises qui ont à cœur d’avoir une responsabilité sociale et environnementale RSE. (dit Arnaud Geissert. Entreprises « Handi-accueillantes » ou conventions avec l’Agefiph)

Il sera de toute façon nécessaire comme pour toute demande d’emploi, de ne pas mendier mais chercher à arriver à un accord gagnant-gagnant. Et donc de connaître ses atouts ; un dys apporte bien sûr ses compétences, mais aussi sa vision, sa mobilisation, sa motivation.

Les entreprises ont depuis 1987 une obligation d’emploi de personnes en situation de handicap à hauteur de 6% de son personnel (sous peine de pénalité si son effectif salarié atteint ou dépasse 20 ETP). La RQTH est le critère unique dans le calcul direct du taux d’emploi d’où son importance.

Quand il existe une Mission Handicap dans les entreprises, la personne référente est là pour accompagner, faciliter la mise en place des compensations autant que de besoin et aplanir les difficultés possibles.

Par exemple, la personne dys dont un des troubles est la communication a un fort besoin de clarté. Elle pousse l’entreprise à revoir son modèle de communication, à devenir plus explicite, à chasser les non-dits. Ce qui in fine profite à tous.

Un conseil : Ceci ne veut pas dire qu’il faut mettre en avant la RQTH dès le 1er entretien de recrutement, c’est à apprécier au cas par cas selon la situation.

L’entreprise adaptée ou les ESAT peuvent aussi être un lieu de travail pour certains jeunes ayant un fort trouble dys. Ces structures de travail protégé offrent un cadre particulièrement bienveillant qui aide le travailleur le temps nécessaire avant une insertion en « milieu ordinaire ». Ces orientations se font aussi sur décision de la MDPH.

Enfin Aude Brouchet s’exprime en tant qu’association : « pensez que dans votre entourage, si on ne peut pas vous proposer un stage à vous parce qu’il est géographiquement trop loin de votre domicile, ou hors de vos préoccupations et de votre intérêt, il peut intéresser un autre dys. L’énorme avantage sur place : une personne saura comprendre et proposer des solutions. Alors manifestez-vous : ouvrez votre carnet d’adresse ou vos applis ! A quand le blabladys ? »

  1. Comment sensibiliser mon entreprise ou mon équipe aux difficultés dys de mon employé ? Les associations peuvent-elles agir ? Avez-vous des documents ou des personnes ressources ?

Tout d’abord il est essentiel que le jeune dys soit d’accord et comprenne l’intérêt d’en parler. L’entreprise aura à cœur de respecter la personne dans sa différence, dans ses capacités à réfléchir ou à agir « autrement ».

L’équipe confrontée au trouble est celle qui doit aussi très vite être sensibilisée. Sinon tous les préjugés et mauvaises interprétations risquent de venir saper la confiance et l’ambiance du groupe.

La personne, si elle le veut, peut elle même parler de sa difficulté.

Les associations peuvent aussi être mobilisées pour une formation de sensibilisation plus préparée.

Les associations, quand c’est nécessaire, jouent le rôle de tiers, de médiateur en apportant les connaissances et les raisons possibles des dysfonctionnements. Elles ont des documents, des ressources, beaucoup de témoignages de terrain, d’y aller elles-mêmes ou d’envoyer en situation de travail un professionnel (analyste du travail) www.y-voir.fr/ pouvant voir où se situe le problème. Cela permet dans la majorité des cas de régler le différend et de re-booster le jeune et l’équipe.

Des témoignages de certains dys sont parlants : Patrick explique qu’aujourd’hui il sait dire à un collègue qui parle trop vite : « stop je t’explique ; je suis dysphasique cela veut dire que j’ai du mal à suivre ». En général les autres acceptent et répètent ou vont plus lentement ! Ils acceptent ! par la suite, c’est lui qui a détecté comment simplifier certaines routines, organisations, façons de ranger ou procédures trop longues car souvent saturées d’écrits : « aujourd’hui pour tous c’est plus simple, ce sont des pictos, des couleurs ! » Sa présence et son intervention dans l’organisation du travail sont une plus-value pour le service.

Le « SAMETH » lorsqu’on est dans l’emploi peut aider au maintien dans l’emploi et intervient aussi dans l’entreprise quand il faut adapter un poste pour un handicap ou revisiter une situation qui a évolué toujours pour une personne déjà bénéficiaire d’une RQTH. http://www.sameth68-67.com

  1. Comment peut-on identifier les adaptations possibles pour un jeune dys en formation ? Peut-il aller à l’université ? Y a t il des aides à ce niveau d’études ?

Les premiers qui peuvent vous aider sont vos anciens !

Patrick, dysphasique, mais aussi beaucoup d’autres jeunes peuvent témoigner du chemin difficile certes de la formation. Certains ont repris les études sur le tard. Patrick repasse à 30 ans une formation d’infirmier, cela lui a certes coûté 53 versions de son mémoire !!! Mais il a réussi. Et son chemin, un vrai brise-glace pour les autres, l’a amené à découvrir de nombreuses astuces pour contourner le handicap dys.

Pour identifier les adaptations possibles, les professionnels de l’insertion (qui traitent les adaptations pédagogiques), mais également les associations de la FFDYS (qui ont des formateurs et des bénévoles) sont autant de personnes ressources qu’il est utile de mobiliser.

La Mission Handicap de l’Université de Strasbourg https://www.unistra.fr/index.php?id=16897 accueille de très nombreux jeunes ayant des troubles dys.

Sont lancés depuis peu des ateliers d’échanges de pratiques et de manipulation d’outils et de logiciels pour et par les DYS, qui permettent des mises en lien entre pairs qui sont les plus à même d’en aider d’autres. Par exemple, montrer comment j’utilise un outil ou un logiciel de compensation dans le cadre de mes études, est plus utile à un autre étudiant que d’acheter un produit sur catalogue.

Un conseil : Les Journées des Universités (JU), les 4 et 5 février 2016 ainsi que la Journée Portes Ouvertes des Universités le 12 mars 2016 sont l’occasion de préparer la rentrée à l’université en rencontrant les professionnels qui vous accompagneront dans votre parcours et les équipes pédagogiques qui vous renseigneront sur les formations.

Allez-y !

  1. Comment peut-on regarder avec bienveillance et exigence un jeune dys, dans sa situation de travail, pour l’aider à compenser ses difficultés ?

Avant tout parler de lui en termes de possibilités et non en termes de manque (Isabelle Offerlin neuropsychologue), rappeler que souvent l’accompagnement de l’un sert à tous. Il faut construire avec lui son parcours et ses adaptations, mais jamais sans lui.

Plutôt que parler de déficit, penser capacités préservées, des prises en charge sur mesure, au quotidien, en fonction des difficultés et des souhaits.

Un bilan n’est pas une fin en soi, ni un enfermement, il offre des perspectives, s’il ferme certaines portes, il en ouvre d’autres.

Un conseil : Il y a une nécessité d’être très factuel : «  voilà ce qui fonctionne bien et ce qui est difficile. »

La bonne question, c’est « De quoi as-tu besoin pour y arriver ? ». C’est un vrai coaching !

  1. En quoi le trouble dys est spécifique pour les compensations du handicap  par rapport à un handicap physique ou mental ?

Le trouble dys est un handicap invisible, on a donc vraiment tendance à l’oublier.

On a facilement envie de dire à un dys : « aujourd’hui tu n’as pas l’ordinateur, mais tu te débrouilleras, n’est-ce pas ? »

Diriez-vous la même chose à un myope : « aujourd’hui tu n’as pas tes lunettes, mais ce n’est pas grave, n’est-ce pas ? »

Le trouble dys est très irrégulier (la fatigabilité est variable) : vraiment cela fait douter du sérieux du trouble ! Hier il y arrivait et pas aujourd’hui ? Est-ce vraiment un handicap ou un énorme prétexte ?

La personne porteuse du trouble souvent ne veut pas le montrer (cela fait des années qu’on lui dit qu’elle est nulle) et les effets (lenteur, non compréhension, expression difficile, perte de repère spatial et temporel, émotion forte), peuvent faire croire à de la mauvaise volonté, de la paresse ou à une déficience mentale.

La prise en charge du trouble dys, en plus de la rééducation, demande comme compensation une part encore plus grande de pédagogie. Cette pédagogie compense le déficit pour un dys, ce qui n’est pas toujours possible pour un handicap mental pour lequel il y a en général des seuils ou des barrières infranchissables.

Le trouble dys demande des rééducations très individualisées qui prennent en compte le diagnostic, l’histoire personnelle et les rééducations et pédagogies mises en place ou à mettre en place. Le trouble dys n’est pas une altération de l’intelligence et il peut y avoir absolument tous les niveaux d’intelligence de « normal à haut potentiel » mais quand on est très intelligent on peut se débrouiller sans les aides ? N’est- ce- pas ? 

L’obstacle de communication orale, écrite ou du geste, entraîne donc des symptômes qui peuvent tromper sur le diagnostic et du coup amener vers des compensations inadaptées (encore plus de choses qui ne marchent pas) et des orientations qui sont des solutions par défaut.

Les compensations en elles-mêmes peuvent varier selon les troubles dys, elles peuvent être utiles à d’autres types de handicap, mais attention aussi une même compensation ne signifie pas même handicap.

Par exemple : grossir les lettres sur un ordinateur pour un dyslexique et un mal voyant est pour les 2 très utile. Le mal voyant n’est pas dys pour autant, ni l’inverse !

  1. J’enseigne et je forme des jeunes à un métier, je m’aperçois qu’il y a des difficultés pour la lecture, pour le rythme ou parfois je ne sais pas quoi… est-ce un trouble dys ?
    Comment puis-je l’aider, avez-vous des outils d’aide ?

Attention, peut-être est-ce un trouble dys, mais seuls des spécialistes peuvent faire le diagnostique et proposant des bilans de différents types.

Votre rôle peut être de repérer, puis de discuter avec le jeune, éventuellement sur son passé et les antécédents et histoire scolaire. Puis il faut l’envoyer chez son médecin généraliste qui prescrira un bilan chez l’orthophoniste, un bilan psy (WAIS) et d’autres bilans pour éliminer des déficits sensoriels (surdité, vue, ou problème neurologique ou psychique).

Mais attention (dit Isabelle Offerlin, neuropsychologue), un bilan n’est utile que si on en a une interprétation fine et que l’on sait ce qu’on en fait. Par exemple il faut voir ce qui est affecté : est-ce la mémoire ? l’attention ? ou les fonctions exécutives ?

En fonction du bilan il est vrai que l’on va faire un diagnostic, un pronostic : c’est à dire évaluer les progrès possibles à court terme, moyen terme ou long terme (et là on est très prudent). Ensuite on installe les compensations. Et dans tout cela il est vraiment important d’associer la personne concernée à la décision.

En revanche, si vous ne pouvez le diagnostiquer, vous avez accès à des aides de base qui peuvent le soutenir : aides pour comprendre (déchiffrage, traducteur…), pour se faire comprendre (dictée vocale par ex), psychologie positive pour gérer son émotion et astuces pour pallier les difficultés fréquentes pour le repérage dans le temps et l’espace.

Pour cela contactez les associations : elles peuvent vous donner de précieux conseils et personnes ressources pour des formations dans vos structures:

AADA : http://www.dysphasie-alsace.org

APEDA : http://www.apeda-france.com/spip.php?article17

DA : http://dyspraxies.fr/index.php/contacts-locaux?start=40

Une adresse : alsacedysapprentissage@gmail.com

Il existe aussi en Alsace et Lorraine pour les adultes bénéficiaires d’une RQTH et d’une orientation professionnelle des centres pour la réadaptation et la formation professionnelle comme le CRM de Mulhouse : http://www.arfp.asso.fr

Ou le centre ALPHA de Metz : http://www.alphaplappeville.org

Ces centres permettent de faire des bilans professionnels et des formations en intégrant le handicap.

Pour les jeunes en apprentissage, on peut mobiliser le référent handicap du CFA.

Il va ensuite contacter des acteurs qui vont accompagner les formateurs dans les adaptations pédagogiques, en formation, lors des examens, mais aussi sur le lieu de travail (lecteur scripteur, tiers temps, ordinateur etc….).

Pour info depuis septembre 2015, l’ADAPEI et l’association RETRAVAILLER ont remporté le marché de l’agefiph et de la Région. Ainsi ils succèdent au SARAH pour aider les CFA et entreprises dans l’accompagnement des apprentis handicapés.

Les associations peuvent aussi aider, vous pouvez les contacter :

apprentissagedysalsace@gmail.com

Un conseil : Une condition de réussite de l’accompagnement d’un jeune dys est le travail d’équipe entre le CFA et l’entreprise.

Un trouble dys est très variable, la confiance est essentielle, le soutien est trop lourd pour une seule personne. Les associations ont des formations pour initier une dynamique de soutien des élèves dys : contactez-les.

Beaucoup de jeunes, ou de familles, ne sont pas en capacité de faire une demande de RQTH… beaucoup envoient à la MDPH un dossier d’aménagement d’examen incomplet, et se retrouvent sans aucune compensation le jour de l’examen….

Il peut être bon de se faire aider, par le référent handicap du CFA, ou par une assistante sociale, ou par un conseiller de la mission locale… ou de demander conseil aux associations quand vous êtes perdus.

  1. Comment rencontrer d’autres jeunes de mon âge ?

Merci de poser cette question ; la solitude d’un dys est parfois lourde, l’impression d’être le seul à avoir ce type de difficulté ! L’adolescence, c’est un âge où on aimerait fonctionner comme les autres… les associations connaissent plusieurs jeunes dans la même situation, on peut vous connecter !

Un conseil : Venez à la journée des dys ou proposez nous vos projets !

5mn de fin – Quelles priorités à travailler ?

  • Le Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH) – demande de constater les problèmes de terrain pour les faire remonter au gouvernement.

  • Il existe des solutions d’où l’importance du réseau des professionnels et la mutualisation des expériences.

  • Le problème existe aussi pour ceux qui ne sont « pas assez » dys pour obtenir une reconnaissance du handicap par la MDPH, dans ce cas contacter les associations et mobiliser le réseau permet de chercher des informations, des contacts, des rencontres, des échanges…

  • On peut passer de victime à acteur et on cherche des solutions à plusieurs.

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